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Incorporer le tissu africain, le wax ou le pagne au style occidental

Dans un univers captivant et glamour où le beau tient une place importante, la mode en fait rêver plus d’un. Plus qu’un art, il s’agit également d’un milieu économique très florissant dans lequel découle une quantité importante d’emploi et cela dans des secteurs variés. Un domaine où se côtoie des noms prestigieux de l’industrie du luxe et des entreprises , présent sur différents segments du marché allant du produit standard au prêt-à-porter. Dans cette problématique je vais particulièrement m’intéresser au Wax , appelé aussi pagne qui est un tissu chaud et coloré originaire à la base d’Indonésie.

Le tissu africain

tissu africainC’est par la suite que les Hollandais l’on importé en Afrique, le continent qui lui a véritablement fait connaitre le succès. Il est intéressant de souligner que l’histoire du wax est complexe et témoigne de connexion de culturelle qui est issue du produit de la colonisation. On peut donc dire que ce tissu tant convoité est issu d’une identité dite métissée. Cette étoffe devenue aujourd’hui un élément essentiel des garde-robes des femmes et occupe une place centrale au sein de la culture africaine. Ayant la chance de vivre dans la capitale européenne , j’ai pu constater par ma propre expérience le manque représentation de ce tissu africain au sein du marché prêt à porter belge. Au-delà de mes intérêts personnels, je trouve qu’il serait envisageable de permettre l’intégration de ce tissu dans l’espace social qui reflète la diversité de la population belge et de celles qui ont déjà l’habitude d’en faire usage. C’est donc pour cette raison que j’ai choisi de consacrer cet article à l’étude de l’exportation du tissu pagne sur le territoire belge pour l’adapter au marché prêt à porter local et en faire un style complètement mixte. L’objectif de cet article se résume donc à trouver des solutions pour pouvoir créer ou développer des entreprises de production de ce textile 100% made in Belgique.

Comprendre son histoire et son utilisation

On observe qu’en Belgique la population des personnes originaires d’Afrique subsaharienne vivant à Bruxelles, s’habillent très rarement en pagne voir uniquement que pour certaines cérémonies religieuses tels que les mariages, baptêmes et des enterrements. L’usage du wax semble se faire de plus en plus discret et laisse place au vêtement occidental, seules les femmes se trouvant entre 40 à 80 ans continuent à perpétuer la tradition en s’habillant comme les femmes de chez elles car cela est un moyen pour elles de ne pas trop se sentir déracinées. En général, la plupart d’entre ces femmes ont eu du mal à s’adapter à cette nouvelle vie occidentale et font comme elles le peuvent en conservant leur style. Cette pratique relève d’ordre socio-culturel, en effet les femmes qui s’habilleraient en pantalon seront mal vue auprès de la communauté car ce genre est dit être réservé uniquement à la gente masculine. Cela reflète d’une façon ou d’une autre l’interprétation de la codification vestimentaire ancrée dans les anciennes mentalités africaines. Cette conception négative du vêtement occidental semble toucher une tranche d’âge bien spécifique et le milieu rural. Prenons par exemple des africaines ayant vécu en ville, elles ont déjà pris l’habitude, même dans leur pays d’origine de porter alternativement aussi bien des tenues en wax et le prêt à porter occidental sans pour autant subir une pression sociale, cela va de soit même pour les africaines nées et vivant en Europe. Parfois, le climat justifierait le choix vestimentaire de certaines africaines vivant en Belgique, en hiver et dans la vie professionnelle, elles favorisent le port d’habits européen. Elles s’habillent de la sorte pour des raisons purement professionnelles car la manifestation d’une appartenance culturelle n’est pas acceptée dans certain milieu. Ces exemples soulignent bien la différence entre une africaine auprès d’une autre population noire et une exerçant dans un milieu blanc.

Concurrence

Avant de présenter l’organisation de l’éventuelle vente de ce tissus en Belgique, il est impératif de d’abord comprendre son fonctionnement auprès de notre premier concurrent qui est Vlisco. En effet, la compagnie hollandaise confectionne ces tissus en donnant de la valeur aux dessins et surtout aux couleurs utilisées. C’est le premier marché qui développe son commerce à grande échelle dans toute l’Afrique subsaharienne et cela depuis sa création en 1846. De ce fait, nous en tant que nouvelle entreprise qui veut se faire une place dans ce domaine où se côtoie des noms prestigieux, l’entreprise va devoir se donner les moyens pour se positionner face à ce marché concurrentiel. A l’envers du total look wax de Vlisco, l’entreprise belge va donc proposer un style plus moderne accessible à toute génération en mixant le wax au vêtement occidental.

Proposer une ligne de vêtement mixte

Selon moi, il faudrait associer le style de vêtements occidentaux avec l’imprimé africain pour recréer un style afro wear avec une touche occidentale. Ce nouveau style sera un moyen d’ouvrir le port du wax aux jeunes générations africaines ayant grandi dans le prêt à porter occidental. On pourrait également imaginer l’usage du wax de manière plus évoluée en proposant pour les différentes collections de coupes modernes variées allant des vêtements jusqu’aux accessoires pour laisser le libre choix aux clients d’affectionner le tissu selon leur goût. Cette technique permettra de mettre en avant à la fois le look traditionnel africain et le prêt à porter occidental. La nouvelle tendance doit être également un mélange des manières qui s’éloigne du total look uniquement africain, nous pouvons incorporer cette étoffe à des robes bustiers, des jupes crayons, pantalons, chemises et des vestes qui égaieront les tenues. Ces tenues occidentalisées traduisent la rencontre de deux cultures, la mondialisation des échanges et la circulation des deux images de styles. Ne nous limitons pas qu’à la confection d’habits comme le font la plus part des marques spécialisées dans ce domaine. L’entreprise belge doit proposer aussi bien des vêtements que des objets de déco et des accessoires en wax , pour le grand plaisir des amoureux de la mode à la recherche des couleurs, de peps et de l’originalité notamment dans ce moment de crise sanitaire l’entreprise peut se spécialiser dans la confection des masques en wax qui donnera une petite touche d’originalité à notre tenue.

Afin de mieux décoloniser cette mode et de permettre une visibilité dans ce milieu tant convoité, il faut donc que l’entreprise organise des défilés dans la capitale en parvenant à attirer acheteurs potentiels, jeunes créateurs et journalistes. Les produits devront être destinés à la vente en ligne et sur place, c’est pourquoi un site internet sera réalisé pour permettre l’achat dans toute l’Europe. La promotion de la ligne de vêtement se fera en première partie via les réseaux sociaux, des événements comme par exemple des défilés, soirées événementielles avec des influenceurs, des collaborations avec d’autres marques et de bouche à oreilles. Comprendre les valeurs de l’entreprise L’entreprise belge veut partager comme valeur la beauté de la diversité de la population belge. Elle cherche à travers le prêt-à-porter mixte à briser les barrières culturelles en rassemblant les gens à travers cette étoffe spectaculaire étant donné ses origines multiples. L’entreprise souhaite laisser libre choix à ses clients d’affectionner le wax selon leur gout, en passant du vêtement à aux accessoires et cela peu importe que l’on soit un homme ou une femme. Derrière les couleurs vives et chaudes du tissus wax se cache une vraie histoire d’éthique car l’entreprise veut absolument respecter l’environnement et le bien de ses multiples travailleurs et ce partout dans le monde. Elle va donc construire sa mode dans le respect pour tous et surtout dans un esprit collaboratif, tout en valorisant les magnifiques créations des petits travailleurs locaux qui travaillent souvent dans l’ombre des grandes entreprises.

Conclusion

A travers le port du wax, s’exprime ainsi la diversité des parcours migratoires des populations d’Afrique subsaharienne en Belgique et l’attachement au textile comme un élément culturel. On comprend bien que à travers cet article de que le wax comporte bien plus des enjeux culturels car en effet cette étoffe possède une identité complexe et plurielle depuis sa confection, avec des origines indonésiennes, une fabrication européenne et une utilisation permanente en Afrique Subsaharienne. Dans ce travail de recherche, j’ai voulu mettre en avant ce tissu atypique et également aussi favoriser son insertion au sein du prêt à porter belge sans virer dans le phénomène de l’appropriation culturelle. Le but principal de cet article était de savoir si il était possible d’en faire un prêt à porter permanent belge mais bien évidemment que cela n’est malheureusement pas possible car la population étrangère ne représente pas grand-chose face à la population locale, de plus le prêt-à-porter belge possède déjà un style propre à son image et ses racines. Mais toutefois, on remarque il reste possible de faire de ce style nouveau, un prêt-à-porter mixte tendance pour la nouvelle génération quel que soit leur origine et leur âge. L’originalité de cette nouvelle étoffe traversera également plusieurs générations, avec des motifs colorés et des coupes confortable la nouvelle tendance en séduira plus d’un. On remarque aussi que ce domaine de marché devient aujourd’hui de plus en plus florissant partout dans le monde, il est donc important que l’entreprise belge puisse se démarquer en proposant de la nouveauté, des imprimés méconnus aux yeux de leur principal acheteur

Auteur: Marielle Muangala Nshinda

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