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Connaissez-vous l’histoire du « Cri » de Munch ? Découvrez l’expressionnisme

L’expressionnisme est une tendance artistique caractérisée par une vision émotionnelle et subjective du monde qui s’affirme dans le premier quart du XXIe Siècle. Il est le contraire de l’impressionnisme.

Ce mouvement déforme la réalité pour transmettre de l’émotion. Les représentations sont souvent fondées sur des visions angoissantes, déformant et stylisant la réalité pour atteindre la plus grande intensité expressive. Elles sont le reflet de la vision pessimiste que les expressionnistes ont de leur époque menaçante de la première guerre mondiale et mettent souvent en scène des symboles, influencées par les débuts de la psychanalyse et les recherches du symbolisme.

Expressionnisme-MunchAu début du XXe siècle, ce mouvement est une réaction à l’impressionnisme français qui cherche à décrire la réalité physique, l’expressionnisme allemand, lui, ne s’attache plus à cette réalité et la soumet aux états d’âme de l’artiste à travers une forme très agressive : des couleurs violentes, des lignes acérées.

L’expressionnisme n’est pas vraiment un mouvement, mais une réaction contre l’académisme et la société. Les artistes expressionnistes resteront souvent isolés.

1) Caractéristiques de l’expressionnisme

« Le Cri » du peintre Edvard Munch, en passant par « Blue Horses » de Franz Marc ou encore « La nuit étoilée » de Van Gogh sont des tableaux représentatifs du courant expressionnisme en peinture. Voiic comment reconnaître une œuvre expresionniste !

  • Couleurs vives
  • Déformation de la réalité
  • Motifs stylisés et réduits
  • Symboles abstraits

2) Qui est Edvard Munch ?

Edvard Munch est un peintre et graveur issu du courant expressionnisme. Il est né en Norvège, le 12 décembre 1863 et mort à l’âge de 80 ans, le 23 janvier 1944 à Oslo. Il appartient à une famille d’artistes, d’historiens, de fonctionnaires, …
Son père était un médecin militaire et sa mère était une artiste. Celle-ci décède, atteinte de la tuberculose et laisse toute la famille dans la détresse ce qui va pousser la tante de Munch à s’occuper d’eux.

Peu de temps après, sa grande sœur ainée et son frère décèdent. Munch va donc sombrer dans la tristesse, il va avoir une mauvaise santé physique mais aussi morale. Ces événements tragiques qui se sont déroulés lors de son enfance sont la cause de sa dépression nerveuse ainsi que de sa perception négative du monde.

Sa vie d’artiste :

À l’âge de 16 ans, il prend la décision de devenir peintre. C’est l’art qui va lui permettre d’évacuer cette souffrance et cette angoisse qu’il porte sur ses épaules depuis sa jeunesse.
Il va étudier durant 2 ans dans une école technique. Ensuite, il va suivre des cours de dessins et il sera suivi par l’un des plus grands artistes naturalistes norvégiens : Christian Krohg. Ce dernier va l’aider à intégrer l’école de design. Ces premières œuvres seront issues du courant du réalisme français. Il va ensuite voyager à Paris où il commencera la réalisation de son tableau « l’Enfant malade ». Ce tableau représente sa sœur ainée qui est décédée, Sophie. Munch voulait faire part de son expérience douloureuse qu’il n’avait pas encore exprimée. Ce tableau suscitera beaucoup de critiques négatives. Par la suite, Edvard Munch deviendra l’un des plus grands artistes de l’Europe du nord. Son style se traduit à partir des formes de courbe, les couleurs qu’il utilise traduisent la tristesse, la mort, l’image négative de l’amour.

En 1889, il va peindre le portrait d’un auteur norvégien, Hans Jaeger. C’est une période importante car c’est à ce moment qu’il va produire sa biographie en reprenant des passages de sa vie. Il veut représenter, avec Jaeger, les ennuis, les problèmes de la vie.
En 1893, il va représenter plusieurs tableaux ayant comme thème la mort comme par exemple « La Mort dans la chambre de la malade » qui illustre la perte de Sophie, assise sur un fauteuil. A cette même date, il va peindre sa plus grande œuvre « Le Cri » qui représente la tête d’un personnage horrifié avec un visage plutôt déformé.

Munch et l’expressionnisme :

Avant même la naissance de ce courant, Munch s’était déjà attribué ses propres caractéristiques. En effet, il va se détacher du naturalisme et se relier à des thèmes beaucoup plus sombres. 

 Il est considéré comme le premier peintre du courant expressionniste avec Van Gogh et cela se confirme notamment avec son œuvre « Le Cri » qui représente un homme qui crie son angoisse. Il cherche à montrer des images à travers ses peintures qui le hantent et il veut tenter de découvrir les secrets de l’âme humaine. Il voulait exprimer « les états d’âmes les plus subtils », c’est donc pour cela que Munch a développé son langage caractéristique avec des motifs stylisés et réduits à des symboles abstraits de différents états d’âme. Les couleurs qu’il emploie sont aussi importantes, il joue avec les couleurs chaudes et froides afin de mettre l’accent sur un sentiment ou une émotion. Il ne s’arrête pas à la peinture, il touche le domaine du dessin, de la photographie, des gravures en cherchant à approfondir l’expression de ses sentiments.

Munch a traduit ses émotions dans son art. Il représentait en celui-ci une rupture avec le naturalisme de l’époque et sa préférence pour les aspects extérieurs et objectifs. Dans les années 1890, il prendra un tournant en faveur du psychologique et du subjectif. Des thèmes existentiels comme l’angoisse, la mort, l’amour, la jalousie et la mélancolie prennent la première place dans ses œuvres.

La productivité de Munch était inhabituelle. Il est surtout célèbre pour ses peintures mais il avait recours à beaucoup d’autres techniques aussi. Il était notamment un graphiste innovateur et testait avec enthousiasme de nouveaux supports tels que la photographie et le cinéma.

3) Présentation de l’œuvre :

Le tableau de Munch s’intitulant : le cri, existe en 5 versions et elles ont toutes été peintes entre 1893 et 1910.
Edvard Munch a utilisé plusieurs techniques pour ces versions. Il y a eu :

1) La plus connue a été réalisée avec de la peinture à huile, de la tempera et des pastels sur du carton de 1893, elle mesure ‎91 × 73cm. Elle est conservée à la Galerie Nationale d’Oslo.
2) Une avec des pastels de 1895, qui a été vendue aux enchères pour la somme de 120 millions de dollars, un record.
3) Une tempera sur carton de 1910, semblable à l’initiale (victime d’un vol au Munch Museum d’Oslo en 1994).
4) Une au crayon à papier, elle aussi visible à la Galerie National d’Oslo.
5) Une lithographie de 1895 (gravure).

4) Description de l’œuvre :

Couleurs :

Il y a une opposition de couleurs chaudes et froides. Le rouge représente le feu, sang et la souffrance alors que le bleu/noir symbolise la mort, le vide.
On peut découper ce tableau en trois parties : le haut et le bas (le pont) du tableau qui sont plutôt des couleurs chaudes et le milieu du tableau qui est plutôt composé de couleurs froides.

Formes :

Le tableau est divisé en deux parties :
Le pont :
Ce sont, principalement, des lignes droites qui a pour effet d’avoir une certaine perspective, une profondeur au tableau.

Le paysage :
Cette partie est complètement abstraite, avec ces formes plutôt ondulées. Elle est en complet décalage avec la première. La mer et les montagnes se mélangent.

5) Signification :

Le personnage principal semble flotter dans l’air comme un fantôme. Il a même une figure squelettique. Il ressemble à un mort-vivant. Pour Munch, représenter cette figure humaine de façon aussi torturée lui permet d’exprimer son mal-être.

L’oblique qui part du bas à droite pour remonter vers la gauche suggère un déséquilibre contrairement à la ligne horizontale qui est une ligne du « calme ».

Le tableau et ces nombreuses ondulations insistent sur le flou général de l’œuvre. Seul le personnage principal est « net » les deux autres et le paysage ne sont pas distincts. Ce flou renforce encore les sensations de vertige et d’angoisse qui se dégagent de la peinture.

La pensée du peintre :

Il a déclaré :

« Je me promenais sur un sentier avec deux amis, le soleil se couchait, tout d’un coup le ciel devint rouge sang. Je m’arrêtai, fatigué, et m’appuyai sur une clôture, il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir de la ville, mes amis continuèrent, et j’y restai, tremblant d’anxiété, je sentais un cri infini qui passait à travers l’univers et qui déchirait la nature ».

L’artiste confirme que l’œuvre est autobiographique. Ce n’est donc pas du cri du personnage que vient le titre, comme le pensent souvent les spectateurs, mais bien de celui de la nature. L’artiste semble avoir été victime d’un excès de panique, se traduisant par une hallucination visuelle et auditive.

Le personnage central du tableau est bel et bien horrifié, mais par un hurlement qui ne sortirait pas de sa bouche. Et il ne se prendrait pas la tête dans les mains, comme on l’imaginait, mais se boucherait les oreilles en entendant ce cri glaçant venu d’ailleurs.

Son inspiration :

Edvard Munch a probablement tiré son inspiration pour ce tableau de sources diverses dans sa propre vie. Au moment où il travaillait sur le tableau, il vivait assez près d’un asile psychiatrique où résidait sa sœur et il semble que l’anxiété du personnage principal tout comme la tristesse du ciel orange apocalyptique soit une référence à son trouble bipolaire ou aux maladies mentales en général.

6) Parodie du tableau :

Le Cri est la deuxième œuvre d’art la plus reconnaissable, après La Joconde. Ce tableau a fait l’objet de maintes reproductions. On peut ainsi citer le Ghostface dans la saga de films d’horreur « Scream » ou l’affiche du film « Maman j’ai raté l’avion ». Ce tableau a été parodié de nombreuses fois, il a inspiré beaucoup d’artistes.

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